Résistance au glyphosate

Au Québec, on n’a encore observé aucune mauvaise herbe résistante au glyphosate. Est-ce simplement une question de chance, ou est-ce que nos pratiques culturales contribuent à retarder l’apparition d’une résistance?

Pour en discuter, Le Bulletin des agriculteurs a réuni en table ronde six experts. Un compte rendu complet sera publié dans le prochain numéro du magazine (février 2011).

Voici ce qu’ont répondu trois de ces experts à la question : qu’est-ce qui distingue le Québec des régions de l’Amérique du Nord où la résistance au glyphosate est déjà apparue?

Pierre Lanoie, responsable, recherche et développement, chez Monsanto :

«Au Québec, nous faisons encore beaucoup de travail du sol conventionnel, ce qui contribue à réduire la pression des mauvaises herbes. Comme ailleurs, les cultures Round-up Ready (environ 85% du maïs, 65 % du soya) sont très populaires, mais plusieurs de nos producteurs font du soya IP, ce qui ajoute de la variété dans l’utilisation d’herbicides. »

Johanne Van Rossum, agronome et productrice à Ste-Brigide d’Iberville :

« Nous n’avons pas les mêmes mauvaises herbes et elles n’exercent pas autant de pression que dans des régions plus chaudes. Dans certains champs de coton aux États-Unis, on applique du glyphosate jusqu’à cinq fois dans la même saison, ce qui accélère la sélection et le développement des individus résistants dans une population de mauvaises herbes. »

Allan Kastra, responsable du développement pour l’Est du Canada chez Bayer Crop Science :

« Je mettrais le Québec dans la catégorie ‘risque faible’. Malgré cela, le risque d’apparition de résistance demeure, surtout si l’on utilise du glyphosate année après année, sur une rotation de soya et maïs Round-up Ready. La prévalence de la production laitière pourrait accélérer la dispersion de graines de mauvaises herbes résistantes, avec le transport de fumier et de grains d’un endroit à l’autre. On ne connaît pas non plus le rôle du pollen dans la dispersion.

Lisez l’article au complet dans votre Bulletin des agriculteurs de février 2011.

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