Prévenir la moisissure blanche : stratégies de lutte

Rotation des cultures
Une courte rotation, telle qu’une rotation soya-maïs, peut finir par favoriser une accumulation de sclérotes. La plupart des sclérotes meurent au cours d’un intervalle de trois à quatre ans entre deux cultures de soya. Ainsi, une rotation suffisamment longue avec une culture non hôte, comme le maïs et le blé, peut s’avérer efficace pour réduire au maximum l’accumulation de l’agent pathogène avec le temps. Dans la rotation, évitez les autres cultures hôtes, comme le canola, les haricots communs et le tournesol.

Travail du sol
Profondément enfouis dans le sol, les sclérotes peuvent survivre jusqu’à sept ans. Un labour profond destiné à enfouir les résidus infectés peut empêcher la germination des sclérotes, mais un travail du sol additionnel ramène les sclérotes à la surface, là où ils peuvent germer.

Dans les champs cultivés en semis direct, les sclérotes demeurent à la surface et germent en grand nombre durant les années en maïs et autres cultures faisant partie de la rotation. Dans une telle situation, le nombre de sclérotes viables susceptibles de germer pendant la prochaine saison en soya est réduit. Le travail du sol risque de disperser les sclérotes dans le champ. Par conséquent, dans les champs en semis direct, les sclérotes peuvent demeurer concentrés dans certaines zones.

Si la moisissure blanche apparaît pour la première fois dans les champs, le travail du sol peut servir à enfouir les sclérotes. Il faudra éviter de travailler le sol au cours des années suivantes. Le travail réduit et le semis direct sont préférables dans les champs présentant des antécédents d’infestations de moisissure blanche.

Positionnement des variétés
Aucune variété de soya n’est totalement résistante à la moisissure blanche, mais l’utilisation de variétés tolérantes peut contribuer à gérer efficacement la maladie et à protéger le potentiel de rendement. Semez des variétés courtes et non sujettes à la verse.

Évitez de semer des variétés très sensibles dans les champs où la maladie a déjà sévi. Dans ces champs, il peut être judicieux de semer des variétés présentant 200 à 300 unités thermiques de moins. Choisissez des variétés partiellement résistantes pour les champs qui ont connu de fortes infestations de moisissure blanche. Les variétés sensibles ou modérément tolérantes peuvent être réservées aux champs qui n’ont été que peu touchés par la maladie. Évitez de semer des variétés sensibles dans les champs qui présentent des dépressions de terrain ou des barrières naturelles contre le vent, comme une haie d’arbres.

Désherbage
De nombreuses espèces de mauvaises herbes à feuilles larges, comme le chénopode blanc, l’amarante, l’abutilon, la petite herbe à poux, le pissenlit, le chardon des champs et la moutarde des champs sont des hôtes de l’agent pathogène responsable de la moisissure blanche. Il est important de combattre ces mauvaises herbes, surtout dans les cultures cultivées en rotation avec le soya.

Gestion du couvert végétal
L’effet de la date de semis sur l’infection dépend des conditions rencontrées à la floraison. Du temps frais et humide à ce stade favorise le développement de la maladie.

Dans les milieux de production peu à moyennement infestés, moins les rangs sont espacés, plus la maladie est menaçante. Quand la moisissure blanche est déjà très présente, l’espacement entre les rangs n’influence pas la gravité de la maladie. Augmenter l’espacement entre les rangs favorise généralement une diminution de la maladie, mais pas nécessairement une augmentation du rendement. Des champs où la moisissure blanche a déjà causé de sérieuses pertes de rendement pourront bénéficier d’une stratégie de culture en rangs espacés.

Évitez les peuplements denses; veillez toutefois à utiliser un taux de semis suffisant pour protéger le potentiel de rendement. Visez un peuplement inférieur à 432 000 plants à l’hectare.

Source : Dekalb

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