Bleuet sauvage : tout sur les coûts!

Le bleuet sauvage est l’une des productions alimentaires phares de notre province. Sa réputation et son goût extraordinaire dépassent largement nos frontières! Au cours des dernières décennies, nombreuses sont les entreprises de diverses régions, dont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, à avoir aménagé des superficies en bleuetières afin de répondre aux demandes croissantes des marchés internationaux. Des investissements importants ont été faits dans le but d’atteindre une pleine production environ dix ans suivant l’amorce des travaux d’aménagement.

Depuis quelques années, il est néanmoins possible d’observer un resserrement des prix reçus par les entreprises pour leur récolte. Cette situation a amené le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (SPBQ) à demander au Centre d’études sur les coûts de production en agriculture (CECPA) de dresser un portrait de la production et de cumuler de l’information économique sur le secteur. Cet exercice avait pour objectifs de favoriser un développement efficient de l’industrie et d’aider les entreprises à demeurer concurrentielles.

L’analyse a porté sur les années 2014 et 2015 et une multitude de renseignements de natures technique, économique et financière sont passés sous la loupe du CECPA. Vingt-six entreprises, dont la taille se situe entre trente et mille hectares, ont bien voulu contribuer à sa démarche qui a été appuyée par le Club Conseil Bleuet. Bien que maintes informations pertinentes aient été dégagées, le coût de revient est l’élément qui a suscité le plus d’intérêt.

Qu’est-ce qu’il en coûte?

Il en coûte en moyenne environ 49 $ à une entreprise pour produire 100 livres de bleuets sauvages commercialisés. Ce qui couvre les coûts de la production (34,51 $/100 livres), les coûts de la récolte (13,93 $/100 livres) et les coûts de la vente (0,99 $/100 livres). Parmi les dépenses les plus importantes figurent les intrants de cultures (16 $/100 livres), les frais de location et de forfait (10 $/100 livres) et la main-d’œuvre incluant le travail des exploitants (9,50 $/100 livres).

Le rendement est un élément de rentabilité déterminant pour ce secteur comme pour l’ensemble des autres productions végétales. Celui-ci a été ajusté afin d’établir un rendement dit normal, et ce, à partir d’une multitude d’informations fournies par La Financière agricole du Québec. Le rendement moyen des entreprises à l’étude est de 2065 livres/acre en pleine production. Ce qui est légèrement supérieur à la moyenne provinciale des cinq dernières années.

Si l’on considère que ce coût de revient n’inclut pas de marge de profit et ne couvre pas les coûts d’aménagement, il est maintenant possible de mieux saisir les difficultés financières vécues par certaines entreprises lorsque le prix de vente plonge sous la barre des 50 $/100 livres. Celles possédant des superficies plus jeunes et dont les rendements sont plus faibles seraient ainsi plus sensibles aux fluctuations des prix du marché.

Bien que cette analyse réponde à certaines interrogations, plusieurs questions demeurent. C’est la raison pour laquelle le chercheur, Luc Belzile, de L’Institut de recherche et de développement agroenvironnement (IRDA), travaille à établir les liens entre l’efficacité technique et la performance financière des entreprises en utilisant les données produites par le CECPA. Il souhaite ainsi soutenir l’essor de cette industrie et contribuer à l’efficience des entreprises. Des résultats qui sont attendus au cours de l’hiver prochain.

Source : Centre d’étude sur les coûts de production en agriculture (CECPA), Julien Garneau, analyste CECPA.

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