Les semis les plus lents depuis 1980

Les progrès risquent d'être encore ralentis cette semaine par la météo

Les derniers chiffres du département de l’Agriculture sur les semis et l’émergence des plants ont démontré à quel point le retard de la saison 2019 est important. À 49% des semis de maïs complétés, il s’agit de l’ensemencement le plus lent depuis 1980. La moyenne des cinq dernières années est de 80% pour la 3e semaine de mai. Les semis se situaient à 30% la semaine dernière.

Le soya est également en net décalage par rapport à la moyenne avec  19%, le plus lent depuis 1996. Habituellement, les semis sont complétés à 47%. Les producteurs ont tout de même progressé de 10% en une semaine.

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Le blé s’en tire le mieux avec 70% des semis terminés, ce qui est toutefois 10% de moins qu’en moyenne. Les progrès de la céréale ont été les plus importants en une semaine avec un bond de 25% des semis.

L’émergence des cultures est à l’image des semis. Les plants de maïs ont levé à 19% contre 49% en moyenne. Le soya se situe à 5% par rapport à 17% pour ce temps de l’année. Le blé d’hiver est toujours en excellent état à 66% en bonne ou très bonne condition, comparativement à une moyenne de 64%.

Les progrès risquent d’être limités cette semaine dans ce qu’on appelle la Corn Belt. De la pluie est encore prévue pour la semaine prochaine, une tendance qui pourrait se poursuivre pour le début du mois de juin.

Devant les difficultés auxquelles ont à faire face les producteurs cette année, il est de plus en plus question dans les milieux financiers du terme “black swan”, ou cygne noir. Utilisé durant la dernière crise financière il y a dix ans, l’expression fait référence à des événements indésirables impossibles à prévoir et qui ont des conséquences catastrophiques. Les adversités se multiplient en effet pour les agriculteurs qui subissent depuis un an les contrecoups de la guerre commerciale avec la Chine, des inondations et un début de saison qui fracasse des records par sa lenteur.

Les producteurs pourraient être tentés d’abandonner les plans de culture pour délaisser les semis de maïs. Selon les analystes, il en résulterait une chute spectaculaire de la superficie en maïs et une récolte 7% plus petite que celle prévue par l’USDA. Les producteurs accepteraient soit un paiement d’assurance des protection des cultures pour laisser les champs en jachère, soit ils passeraient à une autre culture, probablement le soya. Selon l’économiste Scott Irwin de l’Université de l’Illinois, il en résulterait une réduction de 5 millions d’acres de maïs, ce qui en ferait la plus petite superficie semée depuis 2009.

Les analystes s’accordent pour dire que les rendements à l’acre baissent de manière constante pour chaque jour de semis de maïs fait après le 20 mai dans la Cornbelt. Au 20 mai, les rendements projetés sont déjà inférieurs de 8% au maximum possible dans l’Illinois et diminuent ensuite en moyenne de 0,8 boisseau par acre par jour.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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