Partir du bon pied avec le blé d’automne

La culture de la céréale comporte plusieurs avantages, mais à la condition de mettre toutes les chances de son côté

Avec la Financière agricole qui couvrira dès cette année les pertes, plusieurs producteurs pourraient être tentés par la culture du blé d’automne. Cette culture qui est très populaire en Ontario gagne du terrain au Québec, mais les difficultés des premiers essais dans les années 1980 en ont refroidi plusieurs. Le dernier hiver a également été rude pour le blé d’automne, au point où plusieurs champs ont dû être ressemés.

La culture du blé d’automne comporte plusieurs avantages. Elle permet de garder un couvert sur les champs l’hiver, ce qui évite l’érosion et une meilleure imperméabilité des sols au printemps. En répartissant les semis, la tâche est allégée au printemps, ce qui ne peut pas nuire dans le cas de début de saison comme celui vécu cette année.

Articles connexes

Quelques règles sont toutefois à respecter. Le ministère de l’Agriculture de l’Ontario a diffusé une carte permettant de se faire une idée des dates optimales de plantation pour cette céréale. L’automne pluvieux de 2018 a mené à des semis tardifs qui ont compliqué par la suite la survie du blé, un scénario semblable à celui vécu au Québec.

Selon la carte, les zones limitrophes au Québec seraient dans les zones G, H, I et J, ce qui donne un semis au plus tard le 20 septembre et au plus tôt le 1er septembre.

Pourquoi est-il si important de semer votre blé d’hiver au moment optimal pour votre région? Eh bien, il faut environ 80 jours de croissance ou GDD (Growing degree days) pour que le blé d’hiver germent et 50 autres GDD pour que le blé apparaisse, et ce, pour chaque pouce de profondeur de semis. Si le blé est semé à une profondeur de 1 pouce, il faudra un total de 130 GDD pour que la graine germe et sorte de terre. Et plus le blé est planté tardivement, moins il y a de GDD, ce qui entraîne une croissance des racines et un tallage moins importants avant l’hiver. Il vaut aussi la peine d’attendre un jour ou deux si les conditions ne sont pas bonnes sur le terrain.

Semer trop tôt comporte aussi des risques, tels que la moisissure des neiges et la verse. Il est généralement déconseillé de semer plus de 10 à 14 jours avant la date optimale pour sa région. Si le semis est fait plus de 10 jours avant la date optimale, il faut réduire le taux de semis de 25% pour mieux gérer ces risques. Si le semis est fait plus tard que la date optimale, le taux de semis devrait être augmenté.

La profondeur de semis et l’utilisation d’un engrais de démarrage sont également des facteurs importants qui nécessitent une attention particulière lors de la plantation. Le blé d’hiver devrait être semé à une profondeur de 1 pouce. Cependant, cela peut souvent être difficile en raison du manque de précision des planteurs. Par conséquent, il est recommandé par le ministère de l’Ontario de cibler 1,25 à 1,5 pouces pour s’assurer de semer le blé assez profondément. Un semis peu profond peut rendre les plantes plus sujettes au froid et au soulèvement.

Un engrais de démarrage fournit des nutriments pour la croissance précoce et favorise le développement des racines. Il procure une meilleure survie en hiver et de l’uniformité des cultures, ce qui facilite la gestion de la maladie le printemps suivant.

Source: Field Crop News

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires