Maïs à taux variables

Depuis quelques années, les grandes compagnies semencières nous incitent à semer le maïs à des taux plus élevés. Chiffres à l’appui, elles nous démontrent que les hybrides d’aujourd’hui donnent de meilleurs rendements à population élevée.

Nous savons cependant que d’un champ à l’autre, et d’une zone de champ à l’autre, le rendement est variable et qu’il pourrait être profitable de ne pas semer au même taux partout.

Si le rendement est variable, c’est que les conditions de sol elles aussi varient. Il y a moyen de tirer avantage de ces variations.

« L’hypothèse de base, c’est que dans une zone de haut rendement, on peut monter la population, et dans une zone de faible rendement, on la baisse », explique l’agronome Pascal Larose, spécialiste du maïs et du soya à La Coop fédérée.

Là où rendement est de 8,5 Tm/ha ou moins, il ne sert à rien d’augmenter la population, illustre Pascal Larose. Par contre, dans un environnement où le potentiel est de 14 Tm/ha, une population plus élevée est tout à fait indiquée.

Il n’est pas nécessaire d’utiliser des logiciels sophistiqués pour se lancer dans le semis à taux variable, croit Gilles Tremblay, agronome chercheur au CÉROM. On peut très bien fusionner nos cartes de rendement des dernières années, pour établir trois zones, à faible, moyen et haut potentiel, et accorder un taux de semis différent à chacune.

« Quand c’est le producteur (plutôt qu’un logiciel) qui établit ses zones, il comprend mieux ce qui se passe dans son champ, soutient Gilles Tremblay. Dans la moissonneuse-batteuse, il voit les variations et il peut faire des ajustements l’année suivante. »

Le chercheur du CÉROM encourage les producteurs à faire eux-mêmes des essais de variation du taux de semis, pour mesurer l’impact des populations sur les rendements. Il suffit de réaliser de larges bandes côte à côte, avec différents taux de semis.

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