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Les entreprises sous gestion de l’offre investissent davantage

La plus récente étude du professeur Maurice Doyon de l'Université Laval plaide en faveur de la gestion de l'offre

La plus récente étude du professeur titulaire de la Chaire de recherche économique sur l’industrie des œufs Maurice Doyon et du professionnel de recherche Stéphane Bergeron, tous deux de l’Université Laval, démontre qu’au Canada et par ferme, ce sont dans les entreprises sous gestion de l’offre qui investissent le plus.

Le rapport est encore chaud, mais l’étude économique porte sur l’année 2015. « C’est normal, avec Statistiques Canada, il y a toujours un décalage », explique Maurice Doyon. C’est en extrayant les données de l’Enquête financière sur les fermes, qu’il a réalisé cette analyse.

Six secteurs ont été étudiés : porc, bœuf, grandes cultures, production laitière, volaille et œufs. Les investissements à la ferme pour ces six secteurs sont importants : 9,2 milliards de dollars. Près de 89 000 emplois à temps plein ont été créés et la contribution au produit intérieur brut (PIB) est de 8,7 milliards de dollars.

Cette activité a généré des recettes fiscales importantes pour les gouvernements fédéral et provinciaux. « Plus précisément, nous estimons à 415 millions de dollars les recettes fiscales du gouvernement fédéral et à un montant cumulé de 508 millions de dollars de recettes fiscales des provinces », indique M.Doyon.

La stabilité des prix agricoles, caractéristiques des productions sous gestion de l’offre, semble favorable aux investissements agricoles. Bien que la gestion de l’offre représente environ 20% des recettes agricoles des six secteurs étudiés, elles représentent 25% du total des investissements et 28% du PIB total généré par les investissements agricoles. La stabilité du secteur compense pour des coûts supplémentaires, tels que les investissements en quotas.

En outre, sur une base par exploitation, les exploitations à gestion de l’offre créent nettement plus d’emplois et de contributions au PIB que leurs homologues non soumises à la gestion de l’offre.

Du point de vue de la création d’emplois, les fermes sous gestion de l’offre créent beaucoup plus d’emplois que les fermes qui ne le sont pas. Les productions agricoles sous gestion de l’offre génèrent 1,78 emploi par ferme à partir d’investissements dans les exploitations, tandis que les productions agricoles qui ne le sont pas génèrent en moyenne 0,6 emploi par ferme à partir des investissements dans les exploitations. Ce sont les producteurs laitiers qui génèrent le plus d’emplois, avec 1,93 emplois.

Les investissements dans les exploitations agricoles ont un impact significatif sur l’activité économique des zones rurales, mais profitent également indirectement à d’autres régions, telles que Montréal, où se trouvent souvent des centres de technologie et de fabrication.

L’étude complète peut être consultée sur le site internet du Cirano.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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